jeudi 29 novembre 2007

L’ancien juge Guzmán adresse une virulente critique au gouvernement Bachelet sur la question mapuche


L’ex-juge Juan Guzmán, responsable de l’arrestation du dictateur Pinochet en 1998, s’est réuni ce mercredi avec le Ministre de l’intérieur, Belisario Velasco pour s’entretenir sur le sort des prisonniers politiques mapuche en grève de la faim. Guzmán lui a demandé que le gouvernement évalue la possibilité de présenter une motion permettant l'amnistie générale des prisonniers politiques mapuche accusés de conduite terroriste. Il a également demandé d'obtenir une entrevue avec Michelle Bachelet au plus vite. Le Ministre ne s’est pas prononcé sur l’évaluation d’une éventuelle amnistie. Il s’est seulement engagé à désigner un médiateur dans les 48 heures pour négocier avec les prisonniers un abandon de leur grève de la faim.
Juan Guzmán adresse une virulente critique au gouvernement Bachelet dans le journal La Nación : «La lutte des Mapuche est politique, et de ce fait, comme on le faisait pendant la dictature, on fabrique de toutes pièces des délits pour les criminaliser». Il ajoute que les Mapuche ne font «que poursuivre l’accomplissement des promesses qui leur ont été faites par les gouvernements précédents».

Selon lui, le gouvernement de Michelle Bachelet a intensifié le scénario de criminalisation qu’il a hérité du précédent gouvernement de Rigardo Lagos : «Il est certain que depuis le début du mandat de Michelle Bachelet, la répression, le harcèlement et la persécution politique contre les communautés mapuche, ses membres et ses dirigeants s’est intensifiée. De plus, ils n’ont pas été seulement victimes de la persécution policière, mais aussi de celle des préfets, conformément à la Loi sur les conduites terroristes».

Il insiste sur la situation des prisonniers politiques mapuche en grève de la faim qui selon lui «représente une discrimination ouverte et une façon de manipuler la Loi pour les tenir bâillonnés, perpétrant ainsi une forme de terrorisme d’État face à des actes de protestation sociale légitimes», et souligne que le gouvernement actuel a délibérément choisi la ligne dure.

De son côté Federico Aguirre, avocat de la CODEPU, l’organisme d’aide aux victimes des crimes contre l’humanité perpétrés pendant la dictature de Pinochet critiquait hier «la passivité» du gouvernement Bachelet face aux pétitions des grévistes de la faim : «Le gouvernement ne peut demeurer impassible face à ces revendications, d’autant plus que la juridiction internationale (notamment la Commission interaméricaine des droits humains) appuie les revendications des grévistes».

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